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sur lequel sont également publiés ces textes.Le galet de poche > mode d’emploi
Figurez-vous que l’autre jour, j’ai trouvé un « galet de poche ». Depuis très longtemps j’en rêvais, mais sans jamais en avoir aperçu un. J’avais fini par y renoncer et pourtant, c’est un objet admirable en vérité. Admirable et merveilleux.
Vous le décrire ? Rien de plus simple. C’est un galet rond et aplati de cinq centimètres de diamètre environ et cinq millimètres d’épaisseur à peu près, d’une forme presque parfaite, très lisse, très dense. Seule sa couleur est impossible à définir. Plutôt pâle mais sûre d’elle-même cependant.
Vous me direz : mais comment avez-vous su qu’il s’agissait d’un véritable « galet de poche » ? Je vous répondrai très simplement que c’est une évidence. Il m’a suffit de l’apercevoir sur la plage, offert, brillant encore de la vague qui l’avait amené sous mon pas, pour en être sûr.
Mais ne croyez-vous pas plutôt que c’est « Mais qu’est-ce qu’un galet de poche ? » que vous vouliez me poser comme question ?
De deux choses, l’une. Ou bien, vous n’en avez rien à faire et dans ce cas, il est inutile de continuer à perdre votre temps à lire ce « mode d’emploi » ; ou bien, c’est effectivement la question qui vous tarabuste depuis le début, et alors il suffit de lire ce qui suit pour avoir tous les éclaircissements – presque tous les éclaircissements – souhaités.
Le « galet de poche » est un porte-bonheur.
C’est un porte-bonheur, non pas dans le sens d’une amulette ou d’un gri-gri, mais dans le sens où il porte le bonheur. Il n’y a rien de magique là-dedans. Voyez plutôt ce qui suit.
Pour l’utiliser, il suffit de le mettre dans sa poche. Et de le manipuler de temps à autre. Sa forme, aplatie et ronde, presque parfaite, lui permet de passer pratiquement inaperçu tout en étant bien là au fond de votre poche ; sa masse, légère mais dense, ne pèse pas, ne perce pas les poches, sans pour autant se faire oublier; sa texture, lisse et solide, froide ou tiède, dure et douce, procure des sensations agréables et fines lorsqu’on le manipule entre ses doigts…
Son secret réside en ceci :
Vous le mettez dans votre poche en y associant les bonnes choses de votre vie. Cela demande tout de même un petit effort, mais c’est un effort qui a tendance à être agréable. C’est vous seul qui décidez ce que vous voulez associer à votre galet. Cela peut être une personne, plusieurs personnes, un moment de votre vie, un moment passé ou… futur ! un livre, un poème, une plume, un clin d’œil… Ce que vous voulez du moment que ce soit quelque chose ou quelqu’un(e) qui vous procure, vous a procuré ou vous procurera du bonheur, de la joie, un sourire… Libre à vous de déposer dans votre galet de poche ce que vous souhaitez. Il n’a pas de limites connues à ce jour dans le bonheur qu’il peut porter. Vous pourrez aussi y rajouter des choses plus tard. En revanche, il est quasiment impossible de supprimer ce que vous y aurez mis. Je dis « quasiment » parce que je ne connais pas tout du fonctionnement du galet de poche. Il est possible que vous y découvriez des fonctions encore inconnues de moi. Si c’est le cas, n’hésitez pas à m’en faire part.
Ainsi, à chaque fois que vous touchez votre galet, ou même que vous y pensez ou le sentez au creux de votre poche, les bonnes choses que vous y avez associées vous baignent de leur félicité et le bonheur est en marche. Il suffit de pas grand-chose. Par exemple, vous faites quelques pas dans la rue, entre votre voiture que vous venez de garer et l’endroit où vous vous rendez réellement : vous mettez la main dans votre poche, vous manipulez votre galet de poche, et le tour est joué. Il n’y a rien à penser, le simple fait d’être conscient de son existence suffit à le faire fonctionner.
Bon, si vous êtes une lectrice, que vous portez habituellement des robes, il est peut-être plus difficile pour vous de vous en servir. Si vraiment vous ne voulez pas mettre un pantalon, qui est le vêtement idéal, à condition qu’il ait des poches bien évidemment, vous pouvez vous rabattre sur quelque chose comme un sac à main. En général, les filles qui portent des robes ont un sac à main avec elles ! Vous déposez le « galet de poche » (qui, du coup, devient un « galet de sac à main ») dans votre besace et à chaque fois que vous l’ouvrez, vous voyez votre galet de poche, vous pouvez le manipuler quelques instants, même en faisant croire que vous cherchez simplement vos clefs, votre porte-monnaie, votre tube de rouge – ou de vert fluo - . Mais, il faut bien l’admettre, c’est moins pratique qu’une poche de pantalon dans laquelle on peut glisser la main tout en faisant tout autre chose, l’air de rien. Ou alors, mesdames en robes, adoptez un sac qu’on porte en bandoulière sur l’épaule et dont l’ouverture arrive à peu près à la hauteur d’une poche du pantalon que vous ne portez pas. A ce moment-là, vous pourrez y glisser la main sans difficulté.
Le « galet de poche » ?
C’est automatique, inusable, incassable, improbable et pourtant… ça marche !
Et si ça ne marche pas, c’est quand même un joli caillou, et en vrai, si, c’est usable, par l’océan, en quelques milliers d’années, et si ça se casse, c’est même pas grave, cela fait mille éclats de bonheur, c’est prouvé, phi-lia-mou-reu-se-ment prouvé !
Si vous le perdez, ce n’est pas grave non plus, c’est un morceau de bonheur qui navigue et qui irradie le monde à sa façon. Vous l’avez perdu, mais vous savez qu’il existe quelque part. C’est l’essentiel. Et puis, pas de panique, l’Océan peut vous en donner un autre si vous le souhaitez.
C’est un objet qui n’a pas de prix. A moi, il ne m’a coûté que la peine de le recevoir de mon copain l’Océan mais je suis sûr qu’on pourrait le vendre 5 ou 10 sacs de blé, voire de riz ou de maïs. Et même davantage. Non mais, vous vous rendez compte ! Ça n’a vraiment pas de prix, un galet de poche !
Pour l’instant, nous ne sommes pas très nombreux à en posséder un. En me comptant, en comptant les personnes qui, de source sûre, en possèdent un, ça doit faire… voyons … réfléchissons… au moins une personne !
Mais qui sait, peut-être la vogue - pour ne pas dire la vague - du galet de poche va-t-elle déferler.
Voilà, vous savez tout sur cet objet étonnant. Enfin tout ce que JE sais. Il a certainement d’autres secrets à dévoiler. Qui sait ?
Je me demande si je ne vais pas, en l’arrangeant un peu, publier ce « mode d’emploi ». Avec mon « Roi des galets », ça ferait le début d’une plage sympa. Non ?
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