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Vous trouverez sur ce blog les dernières nouvelles et fictions écrites par Hervé de Tonquédec. Les avis, commentaires, critiques et impressions des internautes m'intéressent vivement. N'hésitez pas  à les déposer  soit sur ce blog, soit sur le site  Mes oeuvres sur In Libro Veritas sur lequel sont également publiés  ces textes.

Bonnes lectures...

                                                            Hervé de Tonquédec
Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 18:05

Un matin, un beau matin d’octobre, alors que nous petit-déjeunions dans la grande forêt et refaisions le monde à l’envi, mon ami le philosophe pessimiste me tint d’étranges propos. Je n’y compris pas grand-chose. Néanmoins je vous les livre tels que mon oublieuse mémoire me les dicte aujourd’hui. Ils me paraissent, peut-être, celer une minuscule clé. Peut-être l’un d’entre vous, êtres humains qui savez lire,  saura-t-il m’éclairer sur leur signification ?

Les anciens Égyptiens avaient-ils tout compris ? Peut-être, mais peut-être pas exactement tout, puisque leur civilisation n’a duré que quelques milliers d’années.

Ainsi, l’on voit dans le jugement de Maât, la pesée de l’âme du défunt sur une balance à deux plateaux, l’ancêtre de la balance de Roberval. Sur un des plateaux, une plume d’autruche, sur l’autre l’âme du mort. L’équilibre doit être trouvé. L’âme est lourde de toutes ses mauvaises actions et légère de tout ce qu’elle n’a pas fait de mal. On appelle ça la confession négative : « j’ai pas tué, j’ai pas volé l’orange du marchand… » On connaît la chanson.

Et après ? Croyaient-ils acheter leur immortalité à coups de mensonges et de momification ?

Et cependant, ces anciens Egyptiens avaient eu une juste intuition, celle de la balance. C’est ce qu’on doit mettre dans les plateaux qu’ils n’avaient pas compris. Et ils ne l’avaient pas compris car ils visaient l’immortalité des individus et non celle de l’homme. Et ils ne l’avaient pas compris car ils déposaient la plume légère de Maât dans le plateau face à l’âme du défunt. Et ils ne l’avaient pas compris car ils cherchaient l’équilibre.

La réalité est tout autre.

La voici :

L’immortalité de l’homme à la fin des temps, voilà l’objectif, la destinée, l’aventure…

Le mal pesant, lourd, monstrueux toujours, face au Bon impalpable, au Bien insaisissable, au Beau si périssable.

La victoire des trois B qui feront définitivement pencher leur plateau vers la terre où ils triompheront royalement du mal qui valdinguera irrémé-diablement dans les trous obscurs de l’oubli, du dérisoire et du néant.

Bon. Tout ça n’est pas une mince affaire. Je vous l’accorde. Plus d’un se découragerait d’emblée. D’ailleurs le mystère de la vie ne réside-t-il pas dans cette résistance inouïe face au défi impossible et perdu d’avance ? Quelle est la part d’Antigone en chacun des êtres humains, lesquels au péril de leur vie n’ont de cesse de s’élever, vite balayés, face à Créon qui dicte sa loi, souvent juste aux yeux des hommes à courte vue ? Quelle force secrète habite le cœur de notre vie ? Qui fait que les civilisations renaissent sans cesse sur les décombres d’Hiroshima ?

Il y a là un secret.

Le seul secret.

Si simple.

Le voici, en six mots :

« Tout mal disparaît, tout bien demeure. »

Il suffit pour cela de savoir pardonner, tourner la page, se relever matin. Pas facile-facile, mais possible.

Ce qui est impossible, en revanche, vraiment impossible, même à Dieu s’il existe ou s’il m’écoute, (je le mets publiquement au défi de me prouver le contraire) c’est de faire en sorte qu’un bien fait ne soit pas, pour l’éternité, indestructible, inaltérable, invincible. Aussi léger puisse-t-il être face à l’avalanche journalière de désastres et de malheurs, de cruautés et d’horreurs, de souffrances et de terreurs, de fléaux, de calamités, d’épreuves, de catastrophes, de détresses, de drames, … chaque bien fait demeure à jamais.

Ainsi donc, chaque vague vient à bout de la falaise et il n’est de montagne qui ne s’aplanisse au souffle léger des brises.

Sur le plateau du bien, du bon et du beau, microgramme après microgramme, sourire reçu après joie donnée,  s’amoncelle l’infini du bonheur éternel, (ça prend un peu de temps, faut être réaliste et pas raconter de calembredaines non plus), tandis que sur le plateau du mal, malgré les assauts répétés de l’envie, de la jalousie, du désir de puissance, de l’orgueil, de la simple méchanceté quand ce n’est pas de la pure bêtise, tonnes après tonnes, le mal s’efface et disparaît. Pas si vite, il faut le dire aussi : ça prend beaucoup de temps.

Alors, me direz-vous, où en sommes-nous aujourd’hui ? La balance penche de quel côté ?

Je ne saurais le dire. Il faudrait être à l’extérieur du système.

Mais ce dont je suis sûr, c’est de la victoire. Elle est mathématiquement et physiquement inévitable.

Et puis, il y a la grâce…

Par Hervé de Tonquédec
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