Dernières nouvelles

Vous trouverez sur ce blog les dernières nouvelles et fictions écrites par Hervé de Tonquédec. Les avis, commentaires, critiques et impressions des internautes m'intéressent vivement. N'hésitez pas  à les déposer  soit sur ce blog, soit sur le site  Mes oeuvres sur In Libro Veritas sur lequel sont également publiés  ces textes.

Bonnes lectures...

                                                            Hervé de Tonquédec
Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 01:19

« L'imbroglio des matières entassées couvre le terrain de ses colossales verrues. » (Hélène OurgantUne Aube)

 

Partout des débris ! Des enchevêtrements ! Des éparpillements ! De la confusion !

Comment est-il possible que ce qui, quelques instants à peine auparavant, se dressait encore fièrement, modèle d’organisation, d’ingéniosité, de ténacité, soit  devenu cette  masse d’horreurs emmêlées dans laquelle il est désormais impossible de discerner le labeur, le temps, la patience qu'il avait fallu consacrer pour atteindre cette quasi perfection dans l’ordonnancement de ses multiples parties.

Un peu partout la terre est éventrée, déchirée, labourée de plaies vives. On se croirait au lendemain d’un bombardement, au cœur d’une guerre sanglante. Et l’on ne sait pas si, fatiguée d’être ainsi meurtrie, notre si belle terre acceptera encore une fois de panser ses blessures, de niveler ces cratères qui ne lui appartiennent pas, exogènes en quelque sorte…

Et ça et là, sous des masses informes de matières brisées, corps et cadavres gisent, ensanglantés, meurtris, en bouillie parfois, miraculeusement et simplement assommés dans le meilleur des cas. Peut-on penser un seul instant qu’une simple petite minute plus tôt, tout ici grouillait de vie. Joyeuse et chantante ou bien cruelle et féroce, visible ou dissimulée, mais vie ! Vraie vie ! Vivante vie !  Avec ses drames certes et il en était d’affreux mais aussi avec ses allégresses, son exubérance, sa force qui semblait indestructible, son élan qui paraissait invincible… Et voilà que maintenant, tout ici est silence mortel. Seul le vent agite et soulève encore, comme pour se moquer, quelques feuilles ici et là, froissées, déchirées, salies… Dérisoires rappels des manifestations de la vie d’avant ! De juste avant…

Etait-ce vraiment une cité qui s’élevait ici ? En tout cas, cela y ressemblait fort. Ainsi, on savait - on l’avait étudié dans les livres, on l’avait constaté sur le terrain – qu’une longue histoire sur plusieurs siècles avait vu croître et se développer cet ensemble, d’abord fragile et rudimentaire, puis se complexifiant de plus en plus en même temps qu’élaborant de solides défenses. Les circuits d’acheminement de l’alimentation étaient parfaitement au point, l’évacuation des déchets ne posait plus aucun problème : tout était recyclé. Si l’on avait besoin d’eau, on n’hésitait pas à creuser loin et profond mais on ne la gaspillait pas non plus, n’utilisant que le nécessaire. On utilisait beaucoup l’énergie solaire, après avoir mis au point et développé d’innombrables capteurs, et quand le soleil venait à manquer, on savait réduire ses besoins et adapter son mode de vie.

Et maintenant, tout cet édifice est à terre ! Ne ressemble plus à rien. Non seulement tout est passé de vie à trépas mais encore tout est embrouillé, emberlificoté, mélangé. Un peu comme un château de cartes qui s’effondre d’un coup, ne laissant qu’un désordre  inextricable. Un peu comme un tas informe de briques lego abandonnées par l’enfant qui vient de détruire l’admirable construction qui avait pourtant empourpré de fierté ses parents quelques instants auparavant.

Oh, bien sûr, tout le monde savait que rien n’est éternel ici-bas et que la mort faisait partie de la vie. La mort servait la vie pourrait-on dire. Mais la mort par petits bouts, ou bien par usure lente. Personne n’aurait pu imaginer cette fin brutale et si rapide. Sinon,  qui ?

D’où qu’on l’observe maintenant, du ciel, du sol, de l’intérieur – si tant est qu’on puisse y pénétrer – ce qui faisait la fierté de tous s’est métamorphosé en un sinistre décor, énorme et accablant. Jamais on n’aurait pu imaginer une telle quantité de débris épars et informes jonchant le sol.

En l’espace de quelques secondes seulement, le grand chêne tricentenaire du bout du jardin a été tronçonné.  Abattu !

Par Hervé de Tonquédec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés